Agroalimentaire : Vous souhaitez exporter en Chine ? Attention à ces 5 produits pièges
- InitialsBB

- 7 mars
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 avr.

La Chine représente un marché immense et souvent attractif pour les entreprises européennes. Avec plus de 1,4 milliard de consommateurs et une classe moyenne en expansion, le potentiel peut sembler évident.
Pourtant, de nombreuses entreprises sous-estiment un facteur essentiel : les habitudes de consommation locales diffèrent profondément de celles de l’Europe.
Certains produits, pourtant très populaires sur les marchés européens, peuvent se révéler beaucoup plus difficiles à commercialiser en Chine, non pas pour des raisons réglementaires, mais simplement parce qu’ils ne correspondent pas aux usages ou aux préférences locales.
Voici cinq exemples de produits qui constituent souvent des pièges pour les exportateurs européens.
1. La bière : un marché dominé par les lagers légères
La Chine est l’un des plus grands marchés de la bière au monde. Cependant, le type de bière consommé diffère fortement des standards européens.
Dans la plupart des supermarchés et centres commerciaux, on trouve essentiellement des bières légères de type lager, généralement titrant entre 2° et 5° d’alcool.
Les bières plus fortes, souvent entre 6° et 8°, sont beaucoup moins présentes dans les circuits de distribution physiques. Elles se vendent davantage en ligne, notamment sur des plateformes comme Taobao (filiale d’Alibaba).
Pour les brasseries européennes, cela signifie qu’un produit positionné sur une bière plus forte ou plus complexe devra souvent passer par des canaux de distribution différents et viser un public plus spécialisé.
2. Les yaourts : un produit… souvent à boire
En Chine, les yaourts existent bien, mais leur mode de consommation est très différent de celui observé en Europe.
Dans de nombreux magasins, les yaourts sont vendus en packs de plusieurs unités de 90 grammes, souvent par deux lots de huit.
Mais la particularité est ailleurs : ces yaourts sont généralement liquides et conçus pour être bus, et non mangés à la cuillère. Ils sont plus sucrés et les emballages incluent souvent des pailles pour les consommer comme une boisson.
Les yaourts à la cuillère existent également, mais ils sont généralement proposés dans des formats plus grands, par exemple :
deux pots de 300 grammes
ou un pot unique de 500 grammes
Pour les marques européennes, cela implique d’adapter les formats, la texture et parfois même le positionnement produit.
3. Le saucisson : une tradition européenne peu répandue
La charcuterie est un pilier de la gastronomie européenne, mais elle reste peu développée en Chine. La raison est principalement culturelle : la consommation de viande crue ou séchée est relativement limitée.
On trouve bien en Chine certaines saucisses de porc épicées, proches dans leur texture du chorizo espagnol, mais les produits typiquement européens comme :
le saucisson
le salami
ou d’autres charcuteries sèches
restent des produits très peu répandus et souvent perçus comme atypiques.
Cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de marché, mais il s’agit généralement d’un segment très niche, concentré dans les circuits spécialisés ou auprès d’une clientèle internationale.
4. Les fromages : une préférence marquée pour les pâtes dures
La consommation de fromage progresse en Chine, mais tous les types de fromage ne rencontrent pas le même succès.
De nombreux consommateurs chinois apprécient les fromages à pâte dure, comme la gruyère suisse, qui sont généralement perçus comme plus doux et plus accessibles.
En revanche, les fromages à pâte molle et à goût prononcé restent beaucoup plus difficiles à introduire sur le marché. C’est notamment le cas de produits comme :
le camembert
le roquefort
ou le gorgonzola
Leur odeur et leur intensité gustative peuvent constituer un frein important pour une partie des consommateurs.
Ces produits existent en Chine, mais ils sont le plus souvent vendus dans des boutiques spécialisées ou sur des plateformes en ligne, et restent positionnés sur des segments premium ou de niche.
5. Le déodorant : un produit moins indispensable qu’en Europe
Enfin, certains produits d’hygiène personnelle connaissent également une dynamique de marché différente.
En Chine, l’usage du déodorant est moins répandu qu’en Europe, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Cela s’explique notamment par des facteurs génétiques : une grande partie de la population chinoise présente une odeur corporelle naturellement plus légère.
Le marché du déodorant existe bien sûr, mais il est beaucoup plus restreint et segmenté que sur les marchés occidentaux où ce produit est considéré comme un incontournable du quotidien.
Conclusion
Exporter en Chine ne consiste pas simplement à transposer un produit européen sur un nouveau marché.
Cela implique de comprendre les habitudes de consommation locales, les formats privilégiés, et les attentes culturelles des consommateurs.
Un produit qui fonctionne parfaitement en Europe peut rencontrer des obstacles inattendus en Chine s’il n’est pas adapté au marché.
Pour les entreprises européennes, la clé du succès réside donc moins dans la simple exportation que dans l’adaptation stratégique du produit et de sa distribution.
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